Recours contre le SCoT : le Pays COB a “oublié” la question de la ressource en eau !

Alors que le “Collectif H comme Habitant.e.s” a alerté le Pays COB sur nombre de manquements, le Schéma de Cohérence Territoriale a été approuvé à l’unanimité par les élu.e.s du Pays COB depuis fin janvier.

Parmi les incohérences notoires de ce schéma, il y a, -rien que cela-, l’absence d’une étude sur la ressource en eau pour les 20 ans à venir. Alors que le Schéma régional (SRADDET) impose aux SCoT une étude prospective de la ressource en eau sur 20 ans, le Pays COB a refusé sciemment de lancer cette étude.

Le refus de mener cette étude est une faute politique incompréhensible au regard des enjeux sur le pays COB.

C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase déjà bien rempli !

  • la récente pollution (mars 2025) du Blavet par le déversement de gasoil émanant de l’usine de potabilisation d’eau de la retenue de Kerné Uhel,
  • la récente fermeture du captage d’eau qui alimente du captage d’eau de Rostrenen et Plouguernevel en raison de la pollution depuis 2017 par les polluants éternels PFAS,
  • la pollution de l’Ellé par les élevages industriels et les rejets de la carrière de Glomel,
  • le déversement en 2022 pendant plusieurs mois d’eau polluée de la carrière de kaolin de Berrien à l’arsenic et aux bactéries fécales sur l’unique captage d’eau de Berrien suite à l’accident sur le réseau d’eau de la Feuillée, la même carrière de kaolin riche en arsenic est pressentie pour servir de retenue de sécurisation de l’eau d’alimentation par le Département du Finistère,
  • la pollution de l’Aulne et de la rade de Brest par les métaux lourds émanant notamment de l’ancienne carrière de plomb argentifère de la Locmaria Berrien. … la question de l’eau, c’est toujours pas un sujet pour le Pays COB ?

Quelle pollution ou pénurie doit-on “attendre” pour  REELLEMENT prendre conscience que l’eau est précieuse et AGIR en conséquence ?

Un premier recours a été déposé fin mars pour faire pression sur le Pays COB et engager l’étude sur la ressource en eau à l’échelle du territoire. Le Collectif H demande, en outre, à faire partie du Comité de pilotage de cette étude et à co-choisir le bureau d’étude qui la réalisera.

Dans le même temps, en ce début d’année, Météo-France dresse le tableau d’une France à +4° :

illustration Météo-France, le climat futur en France

En raison d’une évapotranspiration de la végétation plus forte (près de 20 %), la ressource en eau se réduirait de plus de 100 mm, soit l’équivalent d’un à deux mois de pluie. Le nombre de jours de sol sec augmenterait d’un mois dans la moitié nord (totalisant quatre à cinq mois) …/ … Une année aussi chaude que 2022 (+ 2,1 °C par rapport à la référence 1976–2005) deviendrait une année exceptionnellement fraîche, indique cette étude. Les années les plus chaudes pourraient ainsi dépasser de plus de + 2 °C la température moyenne annuelle de 2022.” (extrait article Actu-Environnement du 21 mars 2025)

Stratégie-France, autre organe de l’État, publie de son côté “Quelle évolution de la demande en eau d’ici 2050 ?“. Trois scénarios d’usage de l’eau sont testés et seul un scénario de rupture permet l’adéquation entre ressource et consommations.

-> Le scénario de rupture étudié par France Stratégie se base sur une politique agricole repensée :

Agriculture
Les régimes alimentaires sont profondément modifiés avec une réduction de la consommation de viande de 50 % par rapport à la consommation actuelle. Cela se traduit par une diminution substantielle entre 2020 et 2050 de l’ensemble du cheptel ainsi que par une réduction des surfaces dédiées à l’alimentation animale, notamment des prairies (- 11 % pour les prairies temporaires) et des cultures fourragères (- 58 %), et une augmentation des surfaces dédiées aux protéines végétales (multiplication par plus de cinq). La recherche de souveraineté alimentaire conduit au développement des surfaces en légumes frais (multiplication par plus de deux), en arboriculture (doublement) et en protéagineux pour l’alimentation animale (multiplication par plus de trois). Nous faisons l’hypothèse que hormis les retenues actées ou en cours de construction, aucune retenue de substitution supplémentaire ne voit le jour. Les pratiques agroécologiques se développent sur la totalité des surfaces agricoles. De plus, des espèces et des variétés plus robustes à la sécheresse sont sélectionnées. Le développement des surfaces équipées en irrigation est contenu (+ 12 % entre 2020 et 2050).
” [extrait de la note d’analyse de France -Stratégie n°148 janvier 2025.]

Le collectif H comme Habitant.e.s


Cet article est rédigé par le Collectif H comme Habitant.e.s – Contact : groupe-territoire-COB@proton.me

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