Dans la France de 2026, des néo-libéraux, en premier chef des macronistes et des
éditorialistes de médias bourgeois, se prononcent en faveur du travail le 1er Mai. Ils parlent
d’abord d’exceptions pour certains commerces, mais c’est un pied dans la porte pour que le
travail se généralise à tous les secteurs. Les défenseurs du système capitaliste remettent en
cause cet acquis, rendu possible grâce aux luttes sociales. Leurs motivations sont à la fois
économiques, en nous faisant travailler toujours plus, à la suite de nombreuses lois récentes
(retraite, chômage…), et symboliques, pour effacer une histoire qui leur est défavorable. Cela
mérite que nous nous y opposions fermement, en renouant avec l’héritage du 1er mai…
En effet, en 1886, à Chicago, un mouvement de grève pour la journée de 8h de travail,
auquel ont participé de nombreux immigrés et anarchistes, a été organisé à partir du 1er mai,
date à laquelle les contrats étaient révisés. Les patrons et l’État, via sa police, ne l’entendent
pas ainsi, et répriment violemment le mouvement, dont un meeting de rue ayant lieu à
Haymarket Square, le 3 mai : alors que les forces de répression tentent d’interrompre les
prises de parole, une explosion retentit, la police tire, faisant des centaines de blessés. La
bombe, artisanale mais dont l’origine est toujours inconnue (défense ou provocation), a tué
un policier et les tirs ont mis à mort 12 personnes. Pour l’État, peu importe les faits et le
climat antisocial qui régnait alors : des militants sont arrêtés arbitrairement, dans un procès
politique et inique visant spécifiquement les socialistes libertaires. 7 sont condamnés à la
peine capitale, 4 sont finalement exécutés, et pas moins de 250 000 personnes participeront à
leurs funérailles, forgeant ainsi l’histoire des « martyrs de Chicago ». Cette histoire terrible
est aussi l’histoire d’une organisation par la base, quelque soit l’origine de chacun·e ;
l’histoire d’un rapport de force pour une conquête sociale afin d’améliorer le quotidien et
rompre avec l’ordre dominant capitaliste ; une histoire qui, face à la répression, deviendra
internationale. Elle rappelle l’intérêt de revenir à la lutte revendicative par la solidarité au
delà des corporations et des frontières…
Et ce plus encore aujourd’hui, alors que les guerres se multiplient et s’intensifient, menées
par des chefs d’États se barricadant, tout en faisant prospérer leurs industries. De fait,
l’exploitation a toujours bel et bien lieu un peu partout sur la planète, y compris évidemment
en Bretagne. Et ce sont leurs guerres, nos mort·es, ce sont leurs désastres, nos labeurs, leurs
intérêts économiques, notre mise en rang, pour que le capitalisme prospère. Comme le disait
Albert Parsons, l’un des condamnés de Chicago : « Le temps viendra ! Le temps où notre
silence sera plus fort que les voix que vous étranglez aujourd’hui ! »
Reprenons donc la parole et retrouvons-nous pour discuter ensemble, pour manger,
découvrir des livres, des tracts, des images, des concerts… Ce 1er mai à Rostrenen, square
de la Fontaine, à partir de 16h30.
A la « fête du travail » pétainiste comme macroniste, nous préfèrerons toujours un 1er mai
de lutte ! A la récupération nationaliste par l’extrême-droite et l’ambiance militariste qui
oppose les peuples, nous préfèrerons toujours un 1er mai internationaliste !
A l’autoritarisme, d’où qu’il vienne, nous préfèrerons donc un 1er mai libertaire !
